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Le Procope — L’histoire du plus ancien café de Paris
Découvrez l’histoire du Café Procope, fondé à Paris en 1686, devenu un lieu mythique fréquenté par écrivains et philosophes du siècle des Lumières.
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Le Procope — L'histoire du plus ancien café de Paris
Paris, 1686.
Dans une rue proche de la Comédie-Française, un Sicilien nommé Francesco Procopio dei Coltelli ouvre un établissement qui va entrer dans l'histoire parisienne.
On y vient boire du café.
Mais bientôt, on y vient également pour autre chose.
Lire.
Écrire.
Discuter.
Rencontrer.
Écouter.
Débattre.
Et parfois refaire le monde autour d'une tasse.
Son nom restera :
Le Procope.
Plus de trois siècles plus tard, cette adresse raconte quelque chose d'essentiel dans l'histoire du café.
Le moment où une boisson venue d'ailleurs devient, à Paris, le prétexte à une nouvelle manière de se rencontrer.
Avant le Procope, une boisson encore nouvelle
Le café n'est évidemment pas né à Paris.
Son histoire nous ramène d'abord vers l'Afrique de l'Est, puis vers le Yémen où son usage comme boisson est historiquement documenté au XVe siècle.
Il gagne ensuite le monde arabe et ottoman.
Le Caire.
Istanbul.
Les ports méditerranéens.
Venise.
Puis progressivement l'Europe occidentale.
Lorsque le Procope ouvre à la fin du XVIIe siècle, les Parisiens découvrent depuis déjà plusieurs années cette boisson sombre venue d'Orient.
Elle intrigue.
Elle devient à la mode.
Mais quelque chose est encore en train de se construire :
la culture parisienne du café.
Lire — Café à Venise : l'histoire d'une passion méditerranéenne →
1686
Cette date va rester attachée au Procope.
1686.
Francesco Procopio dei Coltelli, originaire de Sicile, ouvre son établissement à Paris.
L'emplacement devient particulièrement intéressant lorsque la Comédie-Française s'installe à proximité à partir de la fin du XVIIe siècle.
Le quartier attire comédiens, auteurs et spectateurs.
Le café trouve son public.
Mais Procopio propose davantage qu'une boisson.
Le café devient une expérience sociale.
On peut s'asseoir.
Prendre son temps.
Lire.
Rencontrer quelqu'un.
Et observer Paris passer devant soi.
Quand une tasse devient un lieu
C'est probablement l'une des grandes transformations de l'histoire du café.
Au début, le mot désigne une matière.
Puis une boisson.
Ensuite, il désigne également un endroit.
« Aller au café » ne signifie plus seulement boire.
Cela signifie rejoindre un lieu.
Et lorsqu'un lieu permet aux personnes de rester suffisamment longtemps ensemble, quelque chose se produit.
Les conversations s'allongent.
Les nouvelles circulent.
Les opinions se confrontent.
Les idées voyagent.
Le café devient alors le décor discret de quelque chose de beaucoup plus grand que lui.
Les hommes des Lumières
Au XVIIIe siècle, le Procope acquiert une réputation étroitement liée au monde intellectuel et littéraire parisien.
Les collections du Musée Carnavalet conservent notamment une représentation du Café Procope associant plusieurs grandes figures intellectuelles à l'établissement :
Diderot.
D'Alembert.
Voltaire.
Buffon.
D'Holbach.
Et d'autres.
La Bibliothèque nationale de France conserve elle aussi une importante documentation historique consacrée au Procope et à son fondateur.
Ces noms doivent cependant être utilisés avec précaution.
Autour des établissements aussi anciens naissent inévitablement des anecdotes.
Certaines sont documentées.
D'autres ont été répétées pendant deux ou trois siècles jusqu'à devenir presque impossibles à distinguer de la légende.
Chez Maison ISMI, nous préférons une histoire légèrement moins spectaculaire...
mais vraie.
Diderot, d'Alembert et l'Encyclopédie
Le XVIIIe siècle français est celui d'une immense circulation des idées.
Diderot et d'Alembert dirigent l'une des entreprises intellectuelles les plus ambitieuses de leur époque :
l'Encyclopédie.
Le Procope appartient à cet environnement parisien où écrivains, philosophes, artistes et hommes de lettres peuvent se rencontrer.
Il serait excessif d'écrire que les Lumières sont « nées au Procope ».
Les idées ne naissent pas dans une seule salle.
Et l'histoire est rarement aussi simple.
Mais le café appartient incontestablement à cette géographie intellectuelle.
Une table.
Des journaux.
Quelques chaises.
Une boisson.
Et surtout :
du temps pour parler.
Voltaire et la légende du café
Parmi les personnages associés au Procope, un nom revient constamment :
Voltaire.
Son goût pour le café est devenu presque aussi célèbre que ses écrits.
Au fil du temps, quantité d'anecdotes ont circulé sur le nombre extraordinaire de tasses qu'il aurait consommées chaque jour ou sur ses préparations favorites.
Certaines sont difficiles à vérifier.
Alors gardons ce que l'histoire permet raisonnablement de dire :
Voltaire appartient aux grandes figures littéraires traditionnellement et historiquement associées au Procope.
Le Musée Carnavalet le représente d'ailleurs explicitement parmi les personnalités liées au café.
Le reste appartient parfois à cette frontière délicieuse entre l'histoire et la légende.
Une nouvelle manière d'habiter Paris
Il y a pourtant quelque chose de plus intéressant que la liste des personnages célèbres.
Les anonymes.
Ceux dont personne n'a conservé le nom.
Des Parisiens qui découvrent progressivement qu'une tasse permet de rester à une table.
Des personnes qui s'y donnent rendez-vous.
Des lecteurs.
Des spectateurs sortant du théâtre.
Des commerçants.
Des voyageurs.
Des conversations dont aucun historien ne saura jamais rien.
Parce qu'un café mythique n'est jamais construit uniquement par les célébrités qui l'ont fréquenté.
Il l'est également par les milliers de moments ordinaires qui s'y sont déroulés.
Puis vient la Révolution
Quelques décennies plus tard, Paris change.
Radicalement.
La Révolution française transforme les rues, les institutions et les conversations.
Les cafés font partie de cette nouvelle géographie politique et sociale.
Le Procope est associé à plusieurs figures de cette période.
Mais ici encore, prudence.
L'histoire du lieu a été abondamment romancée.
Ce que l'on peut retenir sans transformer le café en personnage principal de la Révolution est beaucoup plus intéressant :
les cafés étaient devenus des endroits où l'information et les opinions circulaient.
La boisson arrivée d'ailleurs avait désormais trouvé une place au cœur de la vie parisienne.
Une adresse peut-elle survivre à son histoire ?
C'est ici que l'histoire du Procope devient moins simple que la formule :
« ouvert depuis 1686 ».
Le café historique a traversé différentes périodes, transformations et changements d'activité.
L'établissement originel finit par fermer à la fin du XIXe siècle.
Le lieu sera ensuite exploité sous différentes formes avant que le nom Procope ne soit repris.
Le restaurant que l'on trouve aujourd'hui au 13 rue de l'Ancienne-Comédie occupe donc l'adresse historique et revendique cet héritage.
Mais parler d'une activité strictement identique et ininterrompue depuis 1686 simplifierait excessivement son histoire.
Et cette nuance ne rend pas le lieu moins fascinant.
Au contraire.
Elle rappelle qu'une Maison peut changer.
Disparaître momentanément.
Être transformée.
Puis voir son histoire continuer à vivre.
Ce que les murs conservent
Aujourd'hui encore, entrer au Procope revient à pénétrer dans un lieu qui entretient volontairement cette mémoire.
Décors.
Portraits.
Objets.
Références aux écrivains et aux révolutionnaires.
Le visiteur contemporain ne retrouve évidemment pas exactement le café de 1686.
Trois siècles ont passé.
Mais l'adresse demeure.
Et cela suffit parfois à provoquer une sensation étrange.
À cette même adresse, des générations entières se sont assises.
Ont commandé.
Attendu quelqu'un.
Parlé.
Écrit.
Peut-être aimé.
Peut-être décidé quelque chose d'important.
Puis sont reparties.
La table reste.
Les histoires changent.
Le café comme troisième lieu
Une maison est privée.
La rue appartient à tout le monde.
Entre les deux, le café crée un espace particulier.
On peut être seul sans être isolé.
On peut rencontrer quelqu'un sans l'inviter chez soi.
On peut travailler.
Lire.
Observer.
Discuter.
Attendre.
C'est probablement l'une des raisons pour lesquelles les cafés ont joué un rôle si important dans l'histoire des villes.
Ils offrent quelque chose de rare :
un endroit où rester.
Le prix d'entrée tient parfois dans une seule tasse.
De Venise à Paris
Dans notre précédente Story, nous avons suivi le café jusqu'à Venise.
Les réseaux commerciaux méditerranéens avaient contribué à faire circuler cette boisson vers l'Europe.
À Paris, l'histoire change encore.
Le café n'est plus uniquement une marchandise arrivée d'ailleurs.
Il devient progressivement une habitude française.
Puis une institution parisienne.
Venise nous racontait le voyage.
Le Procope nous raconte l'installation.
Le café avait traversé les mers.
Il lui fallait maintenant une table.
Pourquoi cette histoire compte pour Maison ISMI
Chez Maison ISMI, nous ne voulons pas réduire un café à une simple succession de notes aromatiques.
Floral.
Fruité.
Chocolaté.
Intense.
Ces mots sont utiles pour comprendre une tasse.
Mais derrière une origine existent également une terre, des gestes, des traditions et une histoire.
Le Procope nous rappelle qu'un café peut également devenir un lieu.
Une adresse où l'on revient.
Une table autour de laquelle les conversations s'accumulent.
Un endroit capable de conserver la mémoire de personnes disparues depuis plusieurs siècles.
Comprendre cela change légèrement la manière dont on regarde une tasse.
Parce que la valeur du café ne se trouve pas uniquement à l'intérieur.
Elle se trouve parfois dans ce qu'il permet de créer autour de lui.
C'est précisément la raison d'être des Stories de Maison ISMI :
raconter ce qui existe derrière la tasse.
Et si les cafés pouvaient parler ?
Imaginez quelques secondes que les murs du Procope puissent restituer toutes les conversations qu'ils ont entendues.
Celles des philosophes.
Celles des écrivains.
Celles des comédiens.
Mais également celles dont l'histoire n'a retenu aucun nom.
Une rencontre.
Une dispute.
Une idée.
Une déclaration.
Un accord.
Un projet griffonné sur une feuille.
Une conversation oubliée.
C'est peut-être cela, finalement, qui rend certains cafés mythiques.
Pas uniquement les personnes célèbres qui y sont passées.
Mais la quantité d'histoires humaines qu'une même adresse peut contenir.
Une tasse disparaît en quelques minutes.
Une conversation peut parfois traverser les siècles.
Le café passe. Les histoires restent.
Maison ISMI
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