Aller au contenu principal

Café de spécialité · Expédition généralement sous 48 h ouvrées

Rituels · 7 min de lecture

Atlas des Rituels

Péninsule Arabique — Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Oman, Qatar · Fait documenté

Café Khawlani : Le rituel des montagnes de Jazan

Découvrez le café Khawlani de Jazan, cultivé depuis plus de 300 ans sur les montagnes saoudiennes et transmis comme un symbole d’honneur et d’hospitalité.

Publié le · Mis à jour le

Café Khawlani préparé dans les montagnes de Jazan en Arabie saoudite, avec grains de café, dallah et finjan.

Café Khawlani — Le rituel des montagnes de Jazan

Dans les montagnes du sud-ouest de l'Arabie saoudite, le café ne commence pas dans une tasse.

Il commence sur une terrasse agricole.

Une graine.

De la terre.

De l'eau.

Puis plusieurs années d'attente.

Ici pousse le café Khawlani, cultivé par les communautés Khawlani depuis plus de trois siècles.

En 2022, l'UNESCO a inscrit les connaissances et pratiques liées à la culture du café Khawlani sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité.

Ce patrimoine ne désigne pas une recette figée.

Il englobe la culture du caféier, la récolte, le séchage, la transformation des fruits et surtout la transmission de ces savoir-faire entre les générations.

Chez Maison ISMI, nous avons donc choisi de respecter cette distinction.

Ce Rituel raconte d'abord le chemin du grain.

Puis la manière de lui redonner une place à table.


Le territoire — Les montagnes de Jazan

Le café Khawlani est intimement lié aux paysages montagneux du sud-ouest de l'Arabie saoudite.

À Jazan, les caféiers sont notamment cultivés sur des terrasses agricoles.

Ces aménagements permettent de préserver l'eau et le sol dans un environnement montagneux.

La culture commence traditionnellement par les graines.

Celles-ci sont placées dans des sacs remplis de terre et conservées à l'ombre pendant environ trois à quatre mois.

Les jeunes plants sont ensuite transférés vers les terrasses.

Puis commence l'attente.

Les premiers fruits apparaissent généralement après plusieurs années.

Le café enseigne ici une première chose :

on ne peut pas tout accélérer.


La récolte

Lorsque les fruits arrivent à maturité, ils sont récoltés à la main.

Puis ils sont mis à sécher.

L'UNESCO documente ensuite un geste particulièrement intéressant.

Les fruits séchés sont placés sur une grande meule plate en pierre.

Un cylindre de pierre est utilisé pour retirer leur enveloppe extérieure tout en évitant d'endommager le grain.

Ce geste appartient aux savoir-faire transmis au sein des communautés Khawlani.

Avant même la torréfaction, le café a donc déjà demandé :

du temps,

de l'observation,

de la précision,

et plusieurs générations de connaissances.


De la plantation à l'invité

Mais le café Khawlani ne possède pas uniquement une valeur agricole.

Il possède également une valeur sociale.

En Arabie saoudite, le café est profondément associé à la générosité et à l'hospitalité.

Et dans les communautés cultivant le Khawlani, servir à ses invités un café provenant des grains récoltés sur sa propre exploitation est considéré comme une marque d'honneur et de respect.

Cette phrase change presque entièrement notre manière de comprendre le rituel.

L'hospitalité ne commence pas lorsque l'on verse le café.

Elle commence lorsque l'on prend soin de ce que l'on offrira un jour.


Les outils du café saoudien

La culture saoudienne du café possède plusieurs objets caractéristiques.

Le mehmas

Le mehmas est associé à la torréfaction des grains.

La torréfaction du café saoudien peut être relativement claire et varie selon les régions.

Le najr

Le najr est un mortier utilisé pour travailler les grains après torréfaction.

Le son produit lors du pilage possède lui-même une place dans la mémoire culturelle saoudienne.

Le ministère saoudien de la Culture documente même différents rythmes traditionnellement produits pendant cette étape.

La dallah

La dallah est la cafetière emblématique utilisée dans la culture du café arabe et saoudien.

Elle est indissociable de l'hospitalité.

Le finjan

Le café est servi dans de petites tasses appelées finjan.

La quantité versée reste volontairement petite.

Le but n'est pas de remplir une grande tasse.

Le service peut se répéter.

Et chaque nouveau service prolonge légèrement le moment partagé.


Préparer un café Khawlani chez soi

Il faut ici faire une distinction importante.

Il n'existe pas une recette universelle du café Khawlani imposant exactement le même grammage, les mêmes épices et la même torréfaction.

Les préparations du café saoudien varient selon les régions et les familles.

Maison ISMI ne transformera donc pas une variante en vérité historique.

La préparation suivante permet de découvrir le Khawlani dans l'esprit du café saoudien tout en laissant le grain s'exprimer.


Pour 4 personnes

Ingrédients

  • 30 à 35 g de café Khawlani
  • 600 ml d'eau
  • 4 à 6 gousses de cardamome verte légèrement écrasées
  • quelques filaments de safran, facultatifs

Matériel

  • une dallah ou une petite cafetière
  • un moulin ou un mortier
  • une casserole si la dallah n'est utilisée que pour le service
  • plusieurs finjan ou petites tasses
  • un plateau
  • quelques dattes pour accompagner

1 — Observer le grain

Avant de moudre, prenez quelques grains.

Regardez-les.

Sentez-les.

Le geste peut sembler inutile.

Il ne l'est pas.

Dans ce Rituel, nous connaissons précisément l'histoire que nous voulons respecter :

une culture de montagne,

des terrasses,

une récolte manuelle,

un savoir-faire transmis depuis plus de trois siècles.

Avant la préparation, il y a donc simplement :

le grain.


2 — Moudre

Moulez le café plutôt fin à moyen-fin selon votre méthode de préparation.

Si vous disposez d'un mortier adapté, le geste du pilage permet de se rapprocher de la dimension manuelle historiquement associée à la préparation du café saoudien.

Il n'est cependant pas nécessaire de transformer le rituel en reconstitution.

L'essentiel est ailleurs :

faire les choses avec attention.


3 — Chauffer l'eau

Portez environ 600 ml d'eau à ébullition.

Ajoutez ensuite le café.

Réduisez le feu.

Laissez la préparation évoluer doucement pendant environ 10 minutes.

Évitez une ébullition violente permanente.

Nous cherchons une extraction progressive.


4 — Laisser reposer

Retirez du feu.

Laissez le café reposer quelques instants afin que les particules les plus importantes puissent descendre.

Pendant ce temps, écrasez légèrement la cardamome.

Pas jusqu'à obtenir une poudre.

Il suffit d'ouvrir les gousses pour libérer leurs arômes.


5 — Parfumer

Placez la cardamome dans la dallah.

Vous pouvez ajouter quelques filaments de safran.

Versez ensuite doucement le café préparé dans la dallah en essayant de laisser le dépôt principal derrière vous.

Laissez infuser quelques minutes.

Ici encore, retenez une chose :

les épices ne doivent pas faire disparaître le café.

Elles l'accompagnent.


6 — Préparer l'accueil

Disposez :

la dallah,

les finjan,

quelques dattes,

et de l'eau si vous le souhaitez.

Puis rangez ce qui n'est plus nécessaire.

Chez Maison ISMI, cette étape compte autant que la préparation.

Parce qu'un rituel d'hospitalité ne consiste pas uniquement à réussir une boisson.

Il consiste à préparer une place pour quelqu'un.


7 — Servir peu

Versez une petite quantité de café dans chaque finjan.

Ne remplissez pas la tasse comme une tasse occidentale classique.

Le petit service permet au café d'être proposé de nouveau.

Et cette répétition fait partie de la relation entre celui qui reçoit et celui qui est reçu.

La tasse peut revenir.

La conversation continue.

Puis le café revient à son tour.


8 — Les dattes

Le café saoudien est fréquemment associé aux dattes.

L'association possède un équilibre particulièrement naturel :

l'intensité aromatique du café,

les épices,

puis la douceur du fruit.

Mais ici encore, inutile d'accumuler.

Une belle datte.

Une petite tasse.

Un invité.

Cela suffit.


9 — Rester

Lorsque tout le monde possède son café, asseyez-vous.

C'est la partie du Rituel qu'aucun équipement ne peut améliorer.

Ne transformez pas immédiatement le moment en dégustation technique.

Ne cherchez pas nécessairement :

l'acidité,

le corps,

la longueur,

les notes aromatiques.

Commencez simplement par boire.

Et laissez la conversation décider de la suite.


Ce qui appartient réellement à la tradition

Pour Maison ISMI, il est important de distinguer les faits documentés de notre interprétation.

Documenté

  • la culture du café Khawlani depuis plus de 300 ans
  • la transmission intergénérationnelle des savoir-faire
  • la culture sur des terrasses agricoles
  • la récolte manuelle
  • le séchage des fruits
  • le décorticage traditionnel sur pierre
  • le café comme symbole de générosité
  • offrir le café provenant de sa propre exploitation comme marque d'honneur et de respect
  • la diversité des préparations du café saoudien selon les régions
  • l'importance culturelle de la torréfaction, du pilage, de la dallah et du finjan

Interprétation Maison ISMI

  • prendre quelques secondes pour observer le grain
  • préparer volontairement une table épurée
  • laisser les téléphones de côté
  • commencer par goûter avant d'analyser
  • rester à table après le premier finjan

Nous ne présentons pas ces derniers gestes comme une tradition Khawlani ancienne.

Ils sont notre manière contemporaine de respecter son intention : recevoir.


Pourquoi ce Rituel entre dans l'Atlas Maison ISMI

Certains cafés sont connus par leur goût.

D'autres par leur origine.

Le Khawlani possède quelque chose de supplémentaire.

Une continuité.

Pendant plus de trois siècles, des familles ont appris à cultiver ces arbres.

Puis elles ont transmis ces connaissances.

Une génération montre.

La suivante observe.

Puis elle recommence.

Le patrimoine n'est donc pas uniquement le caféier.

Il est également constitué de tous les gestes nécessaires pour qu'il continue d'exister.

C'est exactement ce que l'Atlas des Rituels de Maison ISMI cherche à préserver :

non pas collectionner des recettes exotiques,

mais comprendre pourquoi certaines manières de préparer et de partager le café ont traversé le temps.


Le véritable luxe

Il serait facile de regarder le café Khawlani uniquement comme un café rare.

Chez Maison ISMI, ce n'est pas ce qui nous intéresse le plus.

Ce qui nous intéresse est ce qu'il raconte.

Une graine plantée.

Plusieurs années avant le premier fruit.

Une récolte manuelle.

Un savoir transmis.

Puis un jour :

un invité.

Une dallah.

Un finjan.

Et le café cultivé par la famille que l'on choisit de lui offrir.

Le luxe n'est alors plus une question de prix.

C'est pouvoir offrir quelque chose auquel on a consacré du temps.


Maison ISMI

Entre deux rives, une même histoire à partager.

Explorer l'Atlas des Rituels Maison ISMI →

Découvrir toutes les Stories Maison ISMI →

Découvrir le rituel de la Dallah →


Sources

Passer à la pratique

Découvrez les cafés sélectionnés par la Maison.

Sélection rigoureuse

Expédition maîtrisée

Conseil de la Maison

Paiement protégé